L’automne de la Maison Européenne de la Photographie

par Jonathan Lang
© Pascal Maitre

Vous avez survécu à Paris Photo ? Le sandwich à trente balles et l’entrée à whatmille tout ça ? Bien. Alors puisque vous avez dû lire les dizaines d’articles sur ce sujet j’ai décidé de vous épargner la rétrospective et d’aller me promener du côté de la Maison Européenne de la Photographie. Et j’ai bien fait, la sélection du moment est vraiment pleine de surprises passionnantes. Aujourd’hui je vais donc vous parler de trois expositions qu’il vous faut vite découvrir et, c’est l’avantage de ce lieu, vous pourrez tout voir d’un coup. Avouez que pour la team flemme que nous formons c’est vraiment frais.

☞ Pascal Maitre, Prix photo AFD/Polka ⎮QUAND L’AFRIQUE S’ECLAIRERA 

Les photographies de Pascal Maître mettent en évidence l’incroyable contraste entre le dynamisme démographique de l’Afrique et le développement éparse de l’électricité sur ce continent. L’enjeu de l’électrification de l’Afrique n’est pas seulement celui de la lumière. Privé d’électricité les populations sont de fait ralenties dans leur développement économique et souffrent également de problématiques sanitaires et sécuritaires.

© Pascal Maitre
© Pascal Maitre
© Pascal Maitre
© Pascal Maitre

Les images présentées dans cette exposition sont éloquentes et nous renvoient à l’insouciance énergétique dans laquelle nous, petits européens, vivons au quotidien. Le feu comme source d’énergie, de lumière, de réconfort, enveloppe les personnages qui se dessinent sous l’objectif du photographe. Une image m’a particulièrement marquée, celle de cette femme qui met au monde son enfant, péniblement réchauffée et éclairée par une faible flamme.

© Pascal Maitre

Les 25 photographies que vous pourrez découvrir à la MEP ont fait de Pascal Maitre le Lauréat 2016 du Prix Photo AFD/Polka.

☞ Pierre Passebon collectionneur ⎮ OBSESSION MARLENE 

Lorsque l’on accède à l’étage dédiée à la collection de Pierre Passebon, on découvre la passion démesurée et infinie pour l’actrice iconique Marlène Dietrich. Ce passionné a en effet chiné et acquis une collection dantesque de portraits de la star. Les premières secondes, on avance, on passe d’un portrait à l’autre en se disant qu’on va vite être lassé par une exposition totalement dédiée à un seul visage. Très vite, on est pris par l’effet de répétition, mais surtout par la qualité de chacune de ces photographies. Choisis avec beaucoup de goût et toujours flatteurs, les portraits mettent en scène la vie toute entière de celle pour qui le collectionneur voue une admiration sans fin. On nous glisse qu’il a ainsi recueilli plus de deux milles clichés. Marlène nous offre l’histoire de sa carrière avec une classe intemporelle et un modernisme intact.

  • Collection Pierre Passebon
  • Collection Pierre Passebon
  • Collection Pierre Passebon
  • Collection Pierre Passebon
  • Collection Pierre Passebon
  • Collection Pierre Passebon
  • Collection Pierre Passebon

☞ Zhong Weixing⎮FACE A FACE 

Une pièce sombre, presque noire dans laquelle se détache des portraits noirs et blancs. Je pénètre dans les ténèbres, un peu angoissé, mais très vite je suis rassuré par un visage connu. Sarah Moon, une de mes idoles photographiques trône devant moi. Un portrait qui résume en un cliché tout ce que je connais de cette immense photographe : l’allure, la douceur et le parfum de sa cigarette qui la suit… Zhong Weixing a débuté son projet en 2015. Son objectif ? Immortaliser les grands noms de la photographie. L’exposition fait défiler Yann Arthus Bertrand, Sabine Weiss, Kavdij Sluban ou encore le turbulent JR. Ces portraits sont une galerie dédiée à ces créateurs, à ces amoureux de l’image et le photographe leur rend bien. Les portraits sont vivants et captivants avec, il faut bien le dire, un petit air de fantôme.

© Weixing
  • © Weixing
  • © Weixing
  • © Weixing
© Weixing

☞ Petit coup de coeur en bonus :
Brodbeck & de Barbuat⎮LES MONDES SILENCIEUX

J’ai visité l’exposition deux fois. Lors de ma première visite c’était le vernissage, beaucoup de monde se pressait et se bousculait si bien que je n’avais pas réellement fait attention au travail de Brodbeck & Barbuat qui mêle à la fois la photographie et la vidéo. Ce procédé technique complexe leur permet de vider certains lieux de leurs habitants. Je me retrouve captivé par la Place de l’Opéra totalement désertée (un genre de blackfriday à l’envers quoi). On pourrait croire à une photo style cinégraphe, mais soudain une jeune femme traverse l’étendue déserte… On perçoit le bruit de ses pas, comme si tous les autres humains avaient subitement disparus. Bluffant. Je vous pose là un extrait vidéo pour que vous puissiez vous rendre compte.

Voilà les gars, c’est tout pour aujourd’hui. En fait il reste deux autres expos présentées elles aussi à la MEP que je n’ai pas évoquées ici. Comme j’ai pas mal séché les cours d’arts plastiques, j’étais pas très armé pour vous les vendre. Alors c’est peut-être vous qui allez me les expliquer mais ça, c’est A VOUS DE VOIR.

PS : C’est bientôt Noël, alors foncez sur la boutique déco de Wipplay, y a des tonnes de photos qui n’attendent que vous !